Francia Suivi de Marianne

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Description

Extrait I Le jeudi 31 mars 1814, la population de Paris s'entassait sur le passage d'un etrange cortege. Le tsar Alexandre, ayant a sa droite le roi de Prusse et a sa gauche le prince de Schwarzenberg, representant de l'empereur d'Autriche, s'avancait lentement a cheval, suivi d'un brillant etat-major et d'une escorte de cinquante mille hommes d'elite, a travers le faubourg Saint-Martin. Le tsar etait calme en apparence. Il jouait un grand role, celui de vainqueur magnanime, et il le jouait bien. Son escorte etait grave, ses soldats majestueux. La foule etait muette. C'est qu'au lendemain d'un heroique combat des dernieres legions de l'empire, on avait abandonne et livre la partie genereuse de la population a l'humiliante clemence du vainqueur. C'est que, comme toujours, en refusant au peuple le droit et les moyens de se defendre lui-meme, en se mefiant de lui, en lui refusant des armes, on s'etait perdu. Son silence fut donc sa seule protestation, sa tristesse fut sa seule gloire. Au moins celle-la reste pure dans le souvenir de ceux qui ont vu ces choses. Sur le flanc du merveilleux etat-major imperial un jeune officier russe d'une beaute remarquable contenait avec peine la fougue de son cheval. L'homme etait de haute taille, mince, et d'autant plus serre dans sa ceinture d'ordonnance, dont les epais glands d'or retombaient sur sa cuisse, comme celle des mysterieux personnages qu'on voit defiler sur les bas-relief perses de la decadence; peut-etre meme un antiquaire eut-il pu retrouver dans les traits et dans les ornements du jeune officier un dernier reflet du type et du gout de l'Orient barbare. Il appartenait aux races meridionales que la conquete ou les alliances ont insensiblement fondues dans l'empire russe. Il avait la beaute du profil, l'imposante largeur des yeux, l'epaisseur des levres, la force un peu exageree des muscles,show more

Product details

  • Paperback | 262 pages
  • 152.4 x 228.6 x 15.24mm | 458.13g
  • Createspace Independent Publishing Platform
  • United States
  • French
  • Large type / large print
  • Large Print
  • black & white illustrations
  • 1508712069
  • 9781508712060

About Mrs George Sand

George Sand est le pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, romanciere, auteur dramatique, critique litteraire francaise, journaliste, nee a Paris le 1er juillet 1804 et morte au chateau de Nohant-Vic le 8 juin 1876. Elle compte parmi les ecrivains prolifiques avec plus de soixante-dix romans a son actif, cinquante volumes d'oeuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pieces de theatre et des textes politiques. A l'image de son arriere grand-mere par alliance qu'elle admire, Madame Dupin (Louise de Fontaine 1706-1799), George Sand prend la defense des femmes, prone la passion, fustige le mariage et lutte contre les prejuges d'une societe conservatrice. George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitee, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lance la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte des 1829, et dont elle lance aussi la mode apres elle, Marie d'Agoult signe ses ecrits Daniel Stern (1841-1845), Delphine de Girardin prend le pseudonyme de Charles de Launay en 1843. Malgre de nombreux detracteurs comme Charles Baudelaire ou Jules Barbey d'Aurevilly, George Sand contribue activement a la vie intellectuelle de son epoque, accueillant au domaine de Nohant ou a Palaiseau des personnalites aussi differentes que Franz Liszt, Frederic Chopin, Marie d'Agoult, Honore de Balzac, Gustave Flaubert, Eugene Delacroix, conseillant les uns, encourageant les autres. Elle a entretenu une grande amitie avec Victor Hugo par correspondance, ces deux grandes personnalites ne se sont jamais rencontrees. Elle s'est aussi illustree par un engagement politique actif a partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux La Cause du peuple, Le Bulletin de la Republique, l'Eclaireur, plaidant aupres de Napoleon III la cause de condamnes, notamment celle de Victor Hugo dont elle admirait l'oeuvre et dont elle a tente d'obtenir la grace apres avoir eclipse Notre Dame de Paris avec Indiana, son premier roman. Son oeuvre est tres abondante et la campagne du Berry lui sert souvent de cadre. Ses premiers romans, comme Indiana (1832), bousculent les conventions sociales et magnifient la revolte des femmes en exposant les sentiments de ses contemporaines, chose exceptionnelle a l'epoque et qui divisa aussi bien l'opinion publique que l'elite litteraire.show more